Endométriose · Dinard
Endométriose : un test salivaire pour raccourcir le diagnostic
Sept ans. C'est toujours le délai moyen pour poser un diagnostic d'endométriose en France. Un test salivaire, désormais accessible dans une centaine d'hôpitaux, promet de raccourcir cette attente avec de premiers résultats scientifiques solides, et une prudence de mise sur ce qu'il change vraiment.
Hypnothérapeute à Dinard
8 min de lecture
Si vous avez déjà cherché un diagnostic pour des douleurs pelviennes évocatrices d'endométriose, vous connaissez probablement ce parcours : consultations répétées, symptômes minimisés, examens qui ne tranchent pas toujours. La coelioscopie, longtemps seule voie de confirmation certaine, reste un acte chirurgical invasif. Un développement récent change une partie de cette équation.
L'essentiel
- Un test salivaire français, l'Endotest, affiche une précision diagnostique de 96,6 % dans son étude de validation finale supérieure à l'imagerie classique seule.
- Il n'est pas un premier examen : il intervient en troisième intention, quand l'échographie et l'IRM restent normales ou incertaines malgré des symptômes très évocateurs.
- Sa performance diagnostique est établie ; son utilité clinique réelle change-t-il concrètement la prise en charge ? est encore à l'étude, avec des premiers résultats attendus courant 2026.
Un retard de diagnostic qui pèse depuis des années
L'endométriose touche environ une femme sur dix en France. Malgré cette fréquence, le délai moyen entre les premiers symptômes et le diagnostic reste d'environ sept ans une donnée qui n'a que peu évolué ces dernières années, quel que soit le nombre d'articles et de campagnes de sensibilisation sur le sujet.
Cette attente n'est pas neutre. Chaque année sans diagnostic est une année sans prise en charge adaptée, avec un impact cumulé sur la qualité de vie, la vie professionnelle, et parfois la fertilité. Le parcours diagnostique classique repose sur l'examen clinique, l'échographie et l'IRM pelviennes des examens qui, dans une part significative des cas, restent normaux ou équivoques malgré des douleurs bien réelles, ce qui pousse alors vers la coelioscopie, seul examen permettant une visualisation directe des lésions, mais chirurgical et non anodin.
Le test salivaire Endotest : comment il fonctionne
Développé par la biotech française Ziwig, l'Endotest analyse, à partir d'un simple échantillon de salive, une signature de petits ARN grâce au séquençage à haut débit et à l'intelligence artificielle. Concrètement : un test prescrit par un gynécologue, réalisé à l'hôpital, sans geste invasif pour la patiente.
Ce n'est pas un test de dépistage généralisé c'est un outil pour les situations où l'imagerie ne suffit pas à trancher.
Sa place dans le parcours de soins est précise : il intervient en troisième intention, après l'examen clinique et l'imagerie, chez des patientes présentant des douleurs pelviennes chroniques et invalidantes, alors que l'échographie ou l'IRM n'ont pas permis de conclure. Il ne remplace donc pas les étapes précédentes du diagnostic il vient combler le vide qui existait quand elles ne suffisent pas.
Ce que montrent les études
Les résultats finaux de l'étude de validation externe, publiés dans la revue NEJM Evidence, portent sur près de 1 000 patientes recrutées dans plusieurs régions françaises. Ils établissent une précision diagnostique de 96,6 %, avec une sensibilité de 97,3 % et une spécificité de 94,1 % des résultats nettement supérieurs à ceux de l'imagerie classique utilisée seule, et stables selon les centres et le moment du prélèvement.
Depuis février 2025, le test est accessible de façon dérogatoire dans une centaine d'établissements en France, pris en charge par l'Assurance Maladie dans le cadre d'un « forfait innovation », pour des patientes de 18 à 43 ans présentant des douleurs pelviennes invalidantes et une imagerie non concluante.
Une prudence à garder à l'esprit
La performance diagnostique du test est aujourd'hui bien établie. Ce qui reste à démontrer, c'est son utilité clinique réelle : est-ce que le fait de disposer de ce résultat change concrètement la prise en charge proposée à la patiente, et réduit-il le nombre de coelioscopies réalisées « pour voir » ? C'est précisément l'objet d'une seconde étude nationale, actuellement en cours, dont les premiers résultats sont attendus courant 2026.
Un point de vigilance mérite d'être signalé, rappelé par plusieurs spécialistes du sujet : la douleur dans l'endométriose est multifactorielle. Un résultat positif au test confirme la présence de la maladie, mais ne signifie pas nécessairement que toute la douleur ressentie lui est exclusivement imputable. Le diagnostic reste une étape parmi d'autres dans la prise en charge globale, pas une réponse à elle seule à la question de la douleur.
Comment y accéder aujourd'hui
Le test doit être prescrit par un gynécologue et réalisé en établissement hospitalier participant à l'expérimentation. Il s'adresse spécifiquement aux patientes de 18 à 43 ans, avec des douleurs pelviennes chroniques particulièrement intenses, et pour lesquelles l'échographie ou l'IRM n'ont pas permis de conclure clairement. Si votre situation correspond à ce profil, la démarche à faire est d'en parler avec votre gynécologue, qui pourra évaluer si vous êtes éligible dans un des centres participants.
Et la douleur, en attendant le rôle de l'hypnose
Un diagnostic plus rapide ne fait pas disparaître la douleur qui l'a précédé, ni celle qui persiste souvent après. C'est là, et seulement là, que s'inscrit un accompagnement en hypnose : non pas sur le diagnostic lui-même, qui reste une démarche médicale, mais sur la façon dont la douleur chronique est perçue et vécue au quotidien un travail que je détaille dans mon article sur l'hypnose et l'endométriose. L'objectif n'est jamais de se substituer au suivi gynécologique, mais de donner un outil supplémentaire pour traverser l'attente, et l'après, avec un peu moins de fardeau.
Pratique. Cabinet Gildas Lecomte, 17 hameau de la Fontaine, 35800 Dinard. Séances d'environ 1 h, tarif unique 60 €, sur rendez-vous. Séances également en visio, partout en France.
Questions-réponses
- Le test salivaire remplace-t-il la coelioscopie ?
- Pas systématiquement. Il vise à réduire le nombre de coelioscopies réalisées uniquement à visée diagnostique, dans les cas où l'imagerie ne permet pas de conclure. La coelioscopie garde sa place quand un geste chirurgical est de toute façon nécessaire.
- Qui peut en bénéficier aujourd'hui ?
- Les femmes de 18 à 43 ans présentant des douleurs pelviennes chroniques et invalidantes, avec une échographie ou une IRM normale ou équivoque. Le test doit être prescrit par un gynécologue dans un établissement participant à l'expérimentation.
- Le test est-il fiable à 100 % ?
- Non, aucun test médical ne l'est. Sa précision diagnostique établie est de 96,6 %, ce qui reste très supérieur à l'imagerie classique seule, sans être une certitude absolue dans 100 % des cas.
- L'hypnose peut-elle aider avant même le diagnostic ?
- Oui. Le travail sur la douleur ne nécessite pas d'attendre une confirmation médicale formelle il peut accompagner une personne en cours de parcours diagnostique, en complément du suivi gynécologique en cours.
À lire aussi
EndométrioseEndométriose : apaiser la douleur avec l'hypnose DouleurFibromyalgie et hypnose : apaiser un système nerveux en alerte HypnoseQu'est-ce que l'hypnose ericksonienne ?
Gildas Lecomte
Hypnothérapeute certifié, formé à l'hypnose ericksonienne. Je reçois à mon cabinet de Dinard et en visio, et j'accompagne notamment l'arrêt du tabac, l'anxiété, les douleurs chroniques et la relation à l'alimentation.
⚕️ Ces informations sont fournies à titre informatif et ne remplacent pas un avis médical. L'hypnose est un accompagnement complémentaire qui ne se substitue en aucun cas à un suivi médical, notamment gynécologique.
Sources : Vidal, résultats finaux de l'étude de validation Endotest, novembre 2025 · Gouvernement français, présentation du dispositif · Haute Autorité de Santé, avis sur le forfait innovation · Medscape, analyse critique du test, janvier 2026 · Inserm, Canal Détox.