Stress & anxiété · Dinard
Crise d'angoisse : que faire sur le moment ?
Le cœur qui s'emballe, la respiration qui se bloque, l'impression que quelque chose de grave arrive. Une chose est certaine : une crise d'angoisse n'est pas dangereuse, et elle s'arrête toujours.
Hypnothérapeute à Dinard
8 min de lecture
Si vous lisez cet article en pleine crise ou juste après, sachez d'abord ceci : ce que vous traversez est violent, mais ce n'est pas dangereux. Elle atteint son pic en quelques minutes, puis redescend. Cela ne la rend pas moins pénible mais ça change la façon dont on peut la traverser.
L'essentiel
- Une crise d'angoisse est une réaction d'alarme déclenchée à vide. Elle n'est pas dangereuse et s'arrête toujours, en général en 5 à 10 minutes.
- Le geste le plus efficace sur le moment : allonger l'expiration, pas l'inspiration.
- Consultez un médecin si c'est votre première crise, ou si les symptômes changent de nature.
Ce qui se passe réellement dans votre corps
Une crise d'angoisse est une réaction d'alarme déclenchée à vide. Votre système nerveux enclenche le programme prévu pour un danger réel : accélération cardiaque, respiration rapide et superficielle, afflux de sang vers les muscles, hypervigilance. Sauf qu'il n'y a pas de danger.
Le problème, c'est ce qui suit. Vous percevez ces sensations, elles vous inquiètent, et cette inquiétude alimente l'alarme. Le cœur bat plus vite, vous pensez qu'il vous arrive quelque chose, l'alarme s'intensifie, le cœur bat encore plus vite.
C'est cette boucle, et non la peur initiale, qui fabrique la crise.
Comprendre ce mécanisme n'est pas un détail théorique : c'est le premier levier. Une personne qui sait ce qui se produit dans son corps cesse d'ajouter de la peur à la peur.
Quatre gestes qui aident vraiment sur le moment
Allonger l'expiration
C'est le geste le plus efficace, et le plus contre-intuitif. Pendant une crise, on cherche à inspirer davantage c'est exactement l'inverse qu'il faut faire. L'expiration longue active le frein naturel du système nerveux.
Concrètement : inspirez normalement par le nez sur 4 temps, puis expirez lentement par la bouche sur 6 à 8 temps, comme si vous souffliez à travers une paille. Recommencez une dizaine de fois. Ne cherchez pas la respiration « parfaite » ce qui compte, c'est le rapport entre l'inspiration et l'expiration.
Revenir au corps par un point d'appui
L'angoisse projette dans l'anticipation. Le corps, lui, est toujours dans le présent. Portez votre attention sur un appui physique concret : les pieds au sol, le dos contre le dossier, le poids des mains sur les cuisses. Sentez la pression, la température, la texture.
Nommer, plutôt que combattre
Lutter contre une crise revient à lutter contre soi-même et cela l'entretient. Une formulation intérieure simple change souvent la trajectoire : « C'est une crise d'angoisse. C'est désagréable, ce n'est pas dangereux, et cela va redescendre. » Vous ne minimisez pas : vous replacez l'expérience dans sa juste catégorie.
Ancrer l'attention sur l'extérieur
Nommez mentalement cinq choses que vous voyez, quatre que vous entendez, trois que vous pouvez toucher. L'exercice paraît naïf ; il fonctionne parce qu'il mobilise les circuits de traitement sensoriel, en concurrence avec la boucle d'alarme.
Ce qui n'aide pas
- Respirer dans un sac. Ce conseil circule encore ; il est aujourd'hui déconseillé et peut être dangereux si les symptômes ont une autre origine.
- Se raisonner. « Il n'y a aucune raison » ne fonctionne pas : la partie du cerveau qui déclenche l'alarme n'écoute pas les arguments. Le corps, si.
- Fuir systématiquement la situation. Ça soulage sur l'instant, mais renforce l'association « lieu = danger ». C'est ainsi que naît l'évitement.
Quand consulter un médecin
Si c'est votre première crise, ou si les symptômes changent de nature, consultez un médecin. Douleur thoracique, essoufflement inhabituel, malaise : plusieurs affections médicales peuvent produire des sensations proches d'une crise d'angoisse, et seul un examen permet de faire la différence.
Consultez également si les crises se répètent, si elles vous conduisent à éviter des lieux ou des activités, ou si l'appréhension de la prochaine crise occupe une place importante dans vos journées.
Comment l'hypnose intervient sur ce mécanisme
Les gestes décrits plus haut permettent de traverser une crise. Ils n'agissent pas sur ce qui la déclenche. C'est là que le travail hypnotique prend le relais, sur trois plans.
Réapprendre au corps ce qu'est le calme
Chez une personne anxieuse depuis longtemps, l'état de vigilance est devenu la norme. La transe hypnotique permet de retrouver la sensation physique de détente et de l'ancrer à un signal simple, réactivable seul, en pleine journée.
Désamorcer les déclencheurs
La plupart des crises sont liées à des contextes précis. Le travail consiste à identifier ces associations et à en réduire la charge, par métaphores et suggestions indirectes plutôt que par confrontation frontale.
Sortir de la peur d'avoir peur
C'est souvent le nœud véritable. Après quelques crises, ce n'est plus l'anxiété initiale qui pose problème mais l'anticipation. Défaire cette anticipation est fréquemment ce qui produit le changement le plus net.
En pratique, un accompagnement de ce type demande généralement trois à cinq séances, dans le cadre d'un travail sur l'anxiété.
Un exercice d'auto-hypnose à essayer ce soir
Installez-vous confortablement. Laissez vos yeux se fermer quand ils en ont envie. Portez votre attention sur le poids de votre corps, là où il s'appuie. Puis remarquez que votre respiration se fait toute seule, sans que vous ayez à vous en occuper.
Laissez venir une image ou une sensation associée à un moment où vous vous êtes senti tranquille. Ne le construisez pas : accueillez ce qui se présente. Avant de rouvrir les yeux, associez cette sensation à un geste discret le pouce et l'index qui se rejoignent, par exemple.
Pratique. Cabinet Gildas Lecomte, 17 hameau de la Fontaine, 35800 Dinard. Séances d'environ 1 h, tarif unique 60 €, sur rendez-vous. Séances également en visio, partout en France.
Questions-réponses
- Combien de temps dure une crise d'angoisse ?
- Le pic se situe généralement entre 5 et 10 minutes. La descente est plus progressive, et une fatigue peut persister plusieurs heures. Une crise ne dure pas indéfiniment, même quand elle en donne l'impression.
- Peut-on faire une crise d'angoisse en dormant ?
- Oui. Les crises nocturnes existent et sont particulièrement déstabilisantes. Elles se traitent de la même manière, avec une attention particulière portée au sommeil et aux réveils nocturnes.
- L'hypnose fonctionne-t-elle si je prends déjà un traitement ?
- Oui, les deux sont compatibles. L'hypnose n'interfère pas avec un traitement et ne le remplace pas. Toute modification de traitement relève exclusivement de votre médecin.
- Combien de séances faut-il ?
- Le plus souvent trois à cinq. Un premier apaisement est fréquemment perçu dès la première séance, mais c'est la répétition qui installe durablement le changement.
- Est-ce que je vais devoir raconter tout mon passé ?
- Non. L'hypnose ericksonienne ne nécessite pas de tout revivre ni de tout verbaliser. Il est possible de travailler efficacement sur un vécu difficile sans le raconter en détail.
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Gildas Lecomte
Hypnothérapeute certifié, formé à l'hypnose ericksonienne. Je reçois à mon cabinet de Dinard et en visio, et j'accompagne notamment l'arrêt du tabac, l'anxiété, les douleurs chroniques et la relation à l'alimentation.
⚕️ L'hypnose s'inscrit en complément d'un suivi médical et ne remplace en aucun cas un traitement. En cas de détresse importante, parlez-en à votre médecin traitant. Le 3114 (numéro national de prévention du suicide) est joignable gratuitement 24h/24.