Douleur chronique · Dinard

Endométriose : apaiser la douleur avec l'hypnose

Sept ans : c'est le délai moyen entre les premiers symptômes de l'endométriose et le diagnostic. L'hypnose ne soigne pas la maladie, mais elle peut modifier la façon dont la douleur est perçue et vécue et cela n'est pas rien.

Gildas Lecomte
Gildas Lecomte
Hypnothérapeute à Dinard
Publié le 7 août 2026
8 min de lecture
Différents types d'hypnose — cabinet à Dinard
Un espace pour souffler. Le travail hypnotique vient en complément du suivi médical, jamais à sa place.

Si vous lisez cette page, vous connaissez sans doute cette histoire : un diagnostic tardif, un traitement hormonal, un suivi gynécologique et une douleur qui reste présente, qui organise le calendrier, le travail, le sommeil.

L'essentiel

  • L'importance des lésions ne prédit pas l'intensité de la douleur ressentie : la douleur est une construction du système nerveux, pas un signal passif.
  • Après des années, plusieurs mécanismes s'ajoutent à la maladie et amplifient la douleur : sensibilisation, anticipation, tension de défense, épuisement.
  • L'hypnose agit sur la perception de la douleur, jamais à la place du suivi gynécologique.

Douleur et lésions : deux choses distinctes

C'est l'un des aspects les plus déroutants de l'endométriose : l'importance des lésions ne prédit pas l'intensité de la douleur ressentie. Des lésions étendues peuvent s'accompagner de symptômes modérés ; des lésions minimes peuvent produire des douleurs invalidantes.

La douleur n'est pas un signal qui remonte passivement du corps vers le cerveau : c'est une construction.

Le système nerveux reçoit des informations, les interprète en fonction du contexte, de la mémoire, de l'état émotionnel, et produit une expérience douloureuse. Cela ne signifie en aucun cas que la douleur serait « dans la tête ». Elle est parfaitement réelle. Cela signifie que son traitement comporte des étapes sur lesquelles il est possible d'agir.


Comment la douleur chronique s'auto-entretient

La sensibilisation centrale

Un système nerveux exposé de façon répétée à des signaux douloureux abaisse progressivement son seuil de déclenchement. Des sensations qui n'étaient pas douloureuses le deviennent.

L'anticipation

Quand on sait que la douleur va venir, on l'attend. Cette attente mobilise déjà les circuits de la douleur et augmente l'intensité de ce qui suit les jours précédant les règles deviennent eux-mêmes difficiles.

La contraction de défense

Face à une douleur pelvienne, le corps se protège en contractant. Cette contraction, initialement protectrice, devient permanente et entretient la douleur.

L'épuisement

La douleur perturbe le sommeil. Le manque de sommeil abaisse le seuil de tolérance à la douleur. La fatigue chronique n'est donc pas seulement une conséquence : elle est aussi un facteur d'entretien.

Ce que l'hypnose peut travailler

L'hypnose est aujourd'hui utilisée dans un nombre croissant de structures hospitalières françaises, notamment en anesthésie et dans les centres de la douleur. Dans le cadre d'un accompagnement de l'endométriose, le travail porte sur plusieurs plans.

Modifier la perception de la douleur

En état de transe, il devient possible d'agir sur les qualités de la sensation : son intensité, sa localisation, sa température. Le protocole dit de la « salle de contrôle » est souvent utilisé : on installe une représentation intérieure des circuits de la sensation, avec des réglages sur lesquels il devient possible d'intervenir.

Défaire l'anticipation et relâcher les tensions

Travailler sur les jours qui précèdent réduit la vigilance anticipatoire. Le relâchement obtenu en transe touche des zones que le contrôle volontaire n'atteint pas, en particulier le plancher pelvien.

Récupérer du sommeil

Agir sur l'endormissement et sur les réveils nocturnes améliore le seuil de tolérance à la douleur les jours suivants un levier indirect, mais l'un des plus rentables.


L'autonomie comme objectif

L'essentiel de ce travail est destiné à être réutilisé seule. Chaque séance débouche sur un outil d'auto-hypnose mobilisable au moment où la douleur se manifeste, sans avoir à prendre rendez-vous.

Un accompagnement demande le plus souvent quatre à six séances, espacées de deux à trois semaines. La première est consacrée à comprendre le parcours médical et la nature des douleurs, avant d'entrer dans le travail hypnotique.

Ce qu'il faut savoir avant de commencer

  • Le suivi médical reste indispensable. Une douleur nouvelle ou différente doit toujours être signalée à votre médecin.
  • La douleur ne disparaît pas toujours complètement. L'objectif réaliste est une réduction de l'intensité et de l'emprise sur la vie quotidienne.
  • Réduire la douleur ne masque pas la maladie. Le travail hypnotique agit sur une douleur déjà connue, déjà explorée médicalement.

Pratique. Cabinet Gildas Lecomte, 17 hameau de la Fontaine, 35800 Dinard. Séances d'environ 1 h, tarif unique 60 €, sur rendez-vous. Séances également en visio, partout en France.

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Questions-réponses

L'hypnose peut-elle guérir l'endométriose ?
Non. L'endométriose est une maladie chronique qui relève d'une prise en charge médicale. L'hypnose agit sur la perception de la douleur, la tension corporelle et le sommeil pas sur les lésions.
Combien de séances faut-il prévoir ?
Le plus souvent quatre à six, espacées de deux à trois semaines. Certaines femmes reviennent ensuite ponctuellement pour entretenir les acquis.
Peut-on continuer son traitement hormonal ?
Oui, sans aucune interférence. Toute modification de traitement relève exclusivement de votre gynécologue.
Faut-il revivre les épisodes douloureux pendant la séance ?
Non. L'approche ericksonienne n'exige ni de revivre ni de raconter en détail. On travaille sur les ressources et la modulation, pas sur la reviviscence.
Les séances en visio sont-elles aussi efficaces pour la douleur ?
Oui, et c'est même souvent la formule la plus adaptée : vous restez dans votre environnement, sans trajet à faire les jours où la douleur est présente.
Gildas Lecomte, hypnothérapeute à Dinard

Gildas Lecomte

Hypnothérapeute certifié, formé à l'hypnose ericksonienne. Je reçois à mon cabinet de Dinard et en visio, et j'accompagne notamment l'arrêt du tabac, l'anxiété, les douleurs chroniques et la relation à l'alimentation.

⚕️ L'hypnose s'inscrit en complément d'un suivi médical et ne remplace en aucun cas un traitement.