Arrêt du tabac · Dinard
Combien de séances d'hypnose faut-il pour arrêter de fumer ?
Une à trois séances suffisent dans la grande majorité des cas. Mais ce chiffre cache une question plus juste : qu'est-ce qui, chez vous, fait varier ce nombre ?
Hypnothérapeute à Dinard
7 min de lecture
C'est presque toujours la première question qu'on me pose au téléphone. Et derrière elle, il y en a une autre, moins facile à formuler : « est-ce que ça va marcher pour moi ? »
Je reçois régulièrement des personnes qui ont déjà tout tenté patchs, gommes, cigarette électronique, arrêt brutal un 1er janvier. Elles arrivent souvent un peu résignées, persuadées d'être un cas difficile. Elles le sont très rarement.
L'essentiel
- Une à trois séances dans la majorité des situations, d'environ une heure chacune.
- Ce qui fait varier ce nombre n'est ni la quantité de cigarettes ni l'ancienneté, mais le nombre de fonctions que la cigarette occupe dans une journée.
- L'hypnose amplifie une décision déjà prise. Elle ne la fabrique pas à la place du fumeur.
Pourquoi ce nombre varie d'une personne à l'autre
L'hypnose n'agit pas sur la nicotine. Elle agit sur ce que la cigarette représente et sur les automatismes qui l'entourent. Or ces automatismes n'ont pas la même profondeur chez tout le monde. Trois facteurs pèsent réellement dans la balance.
La décision est-elle déjà prise ?
C'est de très loin le facteur le plus déterminant. Une personne qui vient parce qu'elle a décidé d'arrêter n'est pas dans la même situation qu'une personne qui vient parce que son conjoint, son médecin ou ses enfants le lui demandent.
L'hypnose amplifie une décision qui existe déjà. Elle ne la fabrique pas à votre place.
Cela ne veut pas dire qu'il faut être motivé à cent pour cent personne ne l'est jamais. Une part de vous a envie de garder la cigarette, sinon vous auriez arrêté depuis longtemps. C'est normal, et c'est même une information précieuse pour la séance. Mais la décision de fond, elle, doit vous appartenir.
Depuis combien de temps, et pour quoi faire ?
Fumer depuis huit ans « en soirée » ne mobilise pas les mêmes circuits que fumer depuis trente ans quinze cigarettes par jour, dont la première dans les cinq minutes qui suivent le réveil. Mais ce qui compte le plus, c'est la fonction que la cigarette occupe.
- La pause. Pour beaucoup, c'est le seul moment de la journée où l'on s'autorise à ne rien faire. Ce n'est pas le tabac qu'on va chercher, ce sont les cinq minutes.
- La régulation émotionnelle. La cigarette de la contrariété, celle de l'attente, celle qui suit une conversation difficile.
- Le lien social. Sortir avec les collègues, retrouver quelqu'un devant la porte.
- Le rituel. Le café du matin, la fin du repas, la voiture, le trajet du soir.
Plus la cigarette occupe de fonctions différentes, plus il y a de choses à remplacer — et plus une deuxième séance devient utile.
Le moment de vie
Un déménagement, une séparation, un dossier professionnel qui déborde, un deuil récent : ces périodes ne rendent pas l'arrêt impossible, mais elles augmentent le besoin d'accompagnement. À l'inverse, une période stable est un terrain favorable. Si vous hésitez sur le calendrier, décaler de quelques semaines est parfois le meilleur investissement possible.
Ce qui se passe concrètement, séance après séance
Séance 1 : comprendre, puis basculer
La séance dure environ une heure. La première partie est un échange : depuis quand, combien, dans quelles circonstances, ce qui a déjà été tenté, ce qui a fonctionné un temps, ce qui a échoué et pourquoi. On repère ensemble les situations à risque et ce que la cigarette apporte réellement. Cette phase n'est pas un préliminaire administratif c'est elle qui détermine tout le contenu de la transe.
Vient ensuite le temps d'hypnose proprement dit. En hypnose ericksonienne, il n'y a ni injonction ni ordre. Pas de « vous ne fumerez plus jamais ». On travaille par suggestions indirectes, par métaphores, avec des images qui vous appartiennent, pour que votre inconscient réorganise lui-même la place de la cigarette. Vous restez conscient, vous entendez tout, vous pouvez parler et bouger. Vous ne dormez pas.
La plupart des personnes ressortent de cette séance sans envie de fumer. C'est parfois déroutant, presque décevant tant c'est simple.
Séance 2 : consolider, quinze à vingt jours plus tard
Cette deuxième séance n'est pas un rattrapage. Elle a un rôle propre : la période délicate se situe entre la deuxième et la quatrième semaine, quand l'élan du début retombe et que la vie quotidienne reprend son cours. On y traite ce qui est réellement apparu une envie inattendue en voiture, un dîner compliqué, un pic de stress plutôt que ce qu'on avait imaginé à l'avance.
On y renforce aussi les bénéfices déjà perçus : le souffle, l'odorat, le goût, l'odeur des vêtements, l'argent non dépensé. Ancrer ces gains est bien plus efficace que lutter contre le manque.
Séance 3 : seulement si elle est nécessaire
Elle se justifie dans deux cas. Soit une rechute a eu lieu et il faut comprendre ce qui s'est passé, sans en faire un échec. Soit un élément de fond est apparu en chemin — une anxiété que la cigarette masquait, par exemple. Dans ce second cas, le travail glisse naturellement vers un autre terrain, et il est parfois plus juste de poursuivre du côté de la gestion du stress et de l'anxiété.
Pourquoi certains s'arrêtent en une seule séance
Le phénomène surprend, mais il s'explique. Chez ces personnes, la décision était mûre depuis longtemps ; il manquait un déclencheur et une autorisation. La séance fournit les deux. L'inconscient n'avait pas besoin d'être convaincu, seulement d'un cadre pour opérer le basculement.
Attention toutefois à ne pas transformer cette possibilité en promesse. Un praticien qui garantit un arrêt définitif en une séance vend une certitude que personne ne peut honnêtement donner. Ce qu'on peut dire, c'est que le format court fonctionne pour une part importante des personnes accompagnées et que la deuxième séance existe précisément pour les autres.
Ce que l'hypnose ne fait pas
- Elle ne remplace pas un suivi médical. En cas de pathologie respiratoire ou cardiovasculaire, le médecin reste l'interlocuteur principal.
- Elle ne fonctionne pas contre la volonté du fumeur. On ne peut hypnotiser personne pour lui faire faire ce qu'il ne veut pas faire.
- Elle n'exclut pas les substituts nicotiniques déjà en place. Les deux approches sont compatibles.
- Elle ne garantit pas l'absence de rechute. Une rechute n'est pas un retour à la case départ : c'est une information sur une situation qui n'avait pas encore été traitée.
Combien cela représente au total
Le tarif est unique : 60 € la séance, d'environ une heure. Un parcours d'arrêt du tabac représente donc le plus souvent entre 60 et 180 €. À titre de comparaison, un paquet par jour représente environ 4 400 € par an. L'argument n'est pas commercial, il est factuel : le coût de l'accompagnement est amorti en quelques semaines.
Les séances se déroulent au cabinet de Dinard à quelques minutes de Saint-Malo par le barrage de la Rance ou en visio, avec une efficacité comparable. Des personnes viennent de Saint-Lunaire, Pleurtuit, Dinan ou Cancale ; d'autres, plus éloignées, préfèrent rester chez elles.
Questions-réponses
- Faut-il arrêter de fumer avant la séance ?
- Non. Vous pouvez fumer normalement jusqu'au jour du rendez-vous. Certaines personnes fument même leur dernière cigarette juste avant d'entrer, et c'est très bien ainsi : le geste devient une clôture consciente.
- Est-ce qu'on grossit en arrêtant ?
- Une prise de poids est fréquente mais pas systématique, et elle reste généralement modérée. Elle vient surtout du transfert d'un automatisme vers un autre la main qui cherche quelque chose à faire. Ce point peut être intégré directement au travail hypnotique, ou traité ensuite avec un accompagnement sur la relation à l'alimentation.
- Et si je ne suis « pas réceptif » ?
- La quasi-totalité des personnes est hypnotisable, à des degrés variables. L'état hypnotique est un phénomène naturel : on le traverse déjà plusieurs fois par jour, en voiture sur un trajet connu ou plongé dans un livre. Le seul véritable obstacle, c'est de vouloir contrôler l'expérience et cela se travaille.
- Et en cas de rechute dans six mois ?
- Une séance de reprise suffit dans la plupart des cas. L'important est de ne pas attendre trois mois en se disant que c'est fichu. Plus l'intervention est rapide, plus elle est simple.
- Combien de temps entre deux séances ?
- Entre deux et trois semaines. C'est le délai qui permet à la vie réelle de fournir de la matière, sans laisser une difficulté s'installer.
- L'hypnose est-elle remboursée ?
- Les séances ne sont pas prises en charge par l'Assurance Maladie. En revanche, un nombre croissant de mutuelles proposent un forfait « médecines douces » qui peut couvrir tout ou partie des séances.
Pratique. Cabinet Gildas Lecomte, 17 hameau de la Fontaine, 35800 Dinard. Séances d'environ 1 h, tarif unique 60 €, sur rendez-vous. Séances également en visio, partout en France.
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Gildas Lecomte
Hypnothérapeute certifié, formé à l'hypnose ericksonienne. Je reçois à mon cabinet de Dinard et en visio, et j'accompagne notamment l'arrêt du tabac, l'anxiété, les douleurs chroniques et la relation à l'alimentation.
⚕️ L'hypnose s'inscrit en complément d'un suivi médical et ne remplace en aucun cas un traitement.